La confiance se gagne en gouttes et se perd en litres
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Par Cynthia Breault, vice-présidente aux opérations chez VCS Investigation
J’ai choisi de partager avec vous une journée dans mes souliers. J’ai envie de vous faire comprendre combien le traumatisme est grand pour un propriétaire quand il réalise que son entreprise a été victime d’une fraude majeure. Plus que tout, j’aimerais éviter que ce soit vous, le prochain à qui je doive tenir la main, lorsque le traumatisme de la perte frappe de plein fouet.
Cette semaine, mon équipe et moi, avons découvert la plus grosse fraude connue dans l’histoire de notre département. Bien entendu, nous ne nommerons pas le client, appelons-le « Monsieur Trauma ». Quant au suspect, appelons-le « Le Tannant ».
Je reçois donc un appel de Monsieur Trauma vers la fin de la semaine passée. « Je crois que mon contrôleur financier me vole », me dit-il d’entrée de jeu.
Puisque Monsieur Trauma est toujours très occupé et qu’il faisait bien confiance au Tannant, il signait, parfois, des chèques en blanc. Parfois il signait une pile de chèques sans voir les factures et souvent, il négligeait d’ouvrir l’enveloppe de l’état de compte bancaire et ne consultait pas les chèques encaissés. Est-ce que vous vous reconnaissez dans ce scénario?
Pour faire une horrible histoire courte, le Tannant, comprenant à quel point il était l’homme de confiance, a rénové sa maison « sur le bras » de Monsieur Trauma, payait ses comptes de crédit personnels à partir des comptes de l’entreprise, se faisait des chèques à son nom et au nom de sa conjointe en imitant la signature de son patron.
Lors de l’interrogatoire, le Tannant admit avoir fraudé et volé son patron pour 550 000.00 $ et ce, en moins d’un an de service. L’enquête a démontré également que Tannant était bien connu du milieu carcéral puisqu’il avait déjà purgé 7 années de prison pour des fraudes totalisant plus de 12 millions de dollars au gouvernement. Lorsque je lui ai demandé s’il recommencerait lors de sa prochaine sortie de prison, il m’a répondu : « Bien sûr, c’est comme ça que je gagne ma vie! ».
Au moment où j’écris cet article, le Tannant dort paisiblement sur un lit de prison alors que Monsieur Trauma, lui, ne dort tout simplement pas. Il se demande si son entreprise se relèvera de cette horreur…
Posez-vous ces questions :
- Négligez-vous de faire des vérifications pré emploi complètes?
- Signez-vous des chèques en blanc?
- Pensez-vous que vous n’avez pas à voir chaque facture avant de signer le chèque?
- Vous arrive-t-il de ne pas questionner ces factures?
- Est-ce le même employé qui prépare les chèques, fait la conciliation bancaire, les dépôts et les entrées au grand livre?
Si vous avez répondu oui à une seule de ces questions, vous pourriez vous retrouver dans le rôle de Monsieur Trauma. Imaginez ce que représente une perte NETTE d’un demi million de dollars pour une entreprise qui a un chiffre d’affaires annuel de 10 millions. Imaginez ce que les prochaines années auront l’air, toutes les conséquences des gestes d’un homme immoral à qui on a fait une peu trop confiance.
Cynthia Breault
Vice-présidente aux opérations
VCS Investigation
www.vcsinvestigation.com
Études en criminologie à l’Université de Montréal, Cynthia Breault agit depuis 1997 comme spécialiste en prévention des pertes. Elle a maitrisé chacun des postes au sein de l’entreprise au fil des années, ce qui lui a permis d’acquérir une expérience complète du domaine de la prévention des pertes. Elle agit présentement comme vice-présidente aux opérations chez Groupe Conseil VCS Inc depuis 2005. Membre de l’Association Québécoise des Intervenants en Sécurité, du Conseil Québécois du Commerce de Détail, elle détient un permis du Bureau de la sécurité Privée du Québec. Elle écrit depuis 5 ans un éditorial trimestriel pour la revue Le RADAR ainsi que dans le Trait-d’Union de l’A.M.D.E.Q. Auteur du livre The Portal, 2010 (ISBN 9782981178305) elle travaille présentement à l’écriture de son second roman Schizo, sortie prévue en 2012.
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Merci Mme Breault pour cet excellent article. C’est fous comme les histoires d’horreur nous en attendons régulièrement. Et combien de gestionnaires sont des passionnés de leur métier et ne surveillent pas leurs coûts de façon assidue…à la fin de l’année ils se posent des questions ou changent leur calculatrice !! Bref, mettre en place des mesures de contrôle…ça me semble primordial. Merci encore et au plaisir de vous relire.